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Parmi les pistes
explorées dans le traitement de la maladie de Huntington, un
grand espoir réside dans les tests de greffe cellulaire. Voici
un état des essais actuellement menés sur le sujet.
Un essai clinique
multicentrique européen coordonné par le Dr Bachoud Levy
(Hôpital Mondor-Créteil) est en cours. Cet essai a succédé à un
essai pilote de greffe de tissus fœtaux expérimentées sur 5
patients en 2000 qui a montré des résultats encourageants. En
effet, des rémissions de plusieurs années ont été observées sur
des patients déjà symptomatiques, choréiques. Ce protocole
actuel a été rendu possible grâce à la création d’un réseau
européen sur la maladie de Huntington.
Parmi les travaux
de ce réseau, en 2001, 9 pays européens ont effectué un essai
thérapeutique médicamenteux testant le Riluzole, sur plus de 500
patients à un stade précoce de la maladie. Cet essai a témoigné
qu’il était possible de pratiquer des études à grande échelle en
Europe. Ce réseau comprend maintenant 16 pays, 118 centres
d’investigation. 14 villes en France sont centres
investigateurs. Le protocole actuel qui doit répondre à des
critères stricts, a inclus 60 patients en France. La phase
d’inclusion est aujourd’hui terminée. Ces patients étaient
volontaires, autonomes, porteurs d’une maladie de Huntington
déclarée mais débutante, et susceptibles de pouvoir participer à
un protocole sur 52 mois. Ils devaient n’avoir aucune contre
indication ni à la chirurgie, ni à l’immunosuppression provoquée
et nécessaire dans toute greffe.
L’essai de phase
II a débuté en 2001. Son évaluation se fera sur 8 ans, avec pour
les premiers patients inclus, des résultats en 2009-2010.
Tous les patients
sont greffés avec du tissu fœtal humain selon deux points de
greffes, un sur chaque hémisphère cérébral. Outre les critères
d’inclusion stricts, la difficulté de l’évolution de la maladie,
ou encore la mise au point de la technique chirurgicale et de
l’immunosuppression, la greffe est également soumise aux
contraintes de disponibilité ou non de tissu fœtal. En effet, il
s’agit en effet de greffons réimplantés directement sans
amplification préalable. Ces greffes cellulaires sont donc
limitées par le nombre de fœtus disponibles et l’infrastructure
lourde à mettre en place.
Actuellement, en
parallèle à cette recherche clinique est menée par l’équipe du
Professeur Peschanski sur Evry, une recherche fort prometteuse
de cultures de cellules souches embryonnaires humaines. Elle a
pour but d’établir si des cellules embryonnaires cultivées
auraient le même potentiel que les cellules fœtales et des
résultats aussi, voire plus performants. Ces cultures
permettraient d’être moins tributaires de tissus fœtaux pas
toujours disponibles, de mieux planifier les interventions
chirurgicales uniquement en fonction des besoins, de greffer
aussi plus de patients et de standardiser les techniques.
Que de chemin
parcouru, que d’espoir… Mais que de chemin encore à parcourir !
La recherche est active et la mobilisation grande. Il n’est pas
impossible qu’une extension du protocole débute dès 2008. |